mardi 5 mai 2015

Coup de pompe à Bergerac

Mon nouveau pote, Bastien
Pour une bonne compréhension, il tient ma pompe à vélo à la main. Ca y est, vous y êtes ?
Bastien est Suisse, il voyage à pied et sac au dos. Il prend une ou plusieurs années initiatiques en commençant par un stage d'arts martiaux en Espagne, puis divers pays d'Europe. Sa spécialité est d'être geek, partout où il peut trouver un cybercafé. Bonne route, Bastien !

C'est où, Bergerac ?

4 mai - Montségur - Bergerac

Ah, Montségur ! Dès l'instant où je l'ai vu, j'ai cessé de me désirer ailleurs, comme disait le poète, ou le peintre, je ne sais plus. Le charme de l'histoire avec la vie d'aujourd'hui, un ciné-club avec un programme de qualité, un café de pays, une place centrale avec des arcades et un immense marché couvert style Baltard, de magnifiques maisons à vendre à des prix abordables, je m'y suis sentie comme chez moi.



 



Une chaire splendide avec du marbre de toutes les couleurs

Dur, dur, le pays de Duras, pour le cycliste chargé

La Dourdèze, que j'ai passée mille fois dans la journée, méritait bien un petit arrêt pain-beurre


 Entre ces deux photos, tout un monde : le circuit des bastides (en hauteur), puis le circuit des vins (en hauteur), puis un nouveau méchant tour du Navigateur, qui s'était mis en tête un raccourci champêtre par un chemin d'argile bourbeuse et bloqueur de roues. Malédiction : j'ai passé une heure à gratter avec un bâton les kilos de boue collante des 3 roues de l'attelage pour pouvoir recommencer à rouler... sur les grandes routes, mais sans aucune indication de Bergerac.


Comment ont-ils su mon itinéraire du jour, chez Décathlon ?


Bergerac est très beau au coucher du soleil, et le camping municipal un Eden après toutes ces vicissitudes. Je vais y faire ma vie demain, je pense.





Quand on partait sur les chemins, à bicycletteu...

3 mai - Saint-Symphorien - Montségur (33)

Toute la journée, je passe dans des petits chemins creux (goudronnés) qui ne sentent pas la noisette, mais de délicieux parfums d'été. Partout des châteaux, des vignobles, des fermes qui ont des airs de châteaux avec leurs tours carrées. On se sent chez d'Artagnan ou Cyrano. Cela fleure bon l'ancienne richesse, l'ancrage dans la terre. C'est le pays de l'Entre-Deux-Mers. Je cherche encore quelles mers. Le camping, très basique et sous la pluie, ne laisse en rien présager de la beauté de Montségur, que je verrai demain.








Le mur d'enceinte du château


Passage de la Garonne

Le divorce ?

2 mai - Morcenx - Saint-Symphorien (Gironde)

C'est un long ruban de velours qui mène à Sabres, presque sans voitures, une piste cyclable en mieux puisqu'il y a du paysage. Je me restaure en face du petit train d'un énorme plat de pâtes carbonara, bien utile pour la suite de la journée.

Sabres - Petit train du musée de Marquèze
L'église de Sabres

Sabres - "Intéressante" sculpture métallique

Avec le Grand Navigateur de mon smartphone, on s'entendait bien jusque-là, et voilà que cet après-midi, il a décidé coûte que coûte de me faire passer par la D46. Ca, la D46 ? Incrédule, je vérifie auprès d'un autochtone. Oui, il confirme, c'est bien par là, le raccourci pour le prochain village que je vise, sinon, il faut prendre la route de Bordeaux. 4 km de piste d'enduro, sauf qu'avec ma charge, je piétine, je patine, je transpire, je peste contre le Navigateur, le menace de séparation, je souffre mille morts, je m'épuise pendant 2 heures. Seule consolation, de délicates empreintes de sabots - petits, moyens, grands - qui me tiennent compagnie et me font imaginer toute une vie invisible. Braves petites bêtes, va, vous au moins, vous ne souffrez pas dans le sable...



La D 46

 Les perditions et la pluie, c'est beaucoup pour une seule journée. Alors c'est tellement bon d'arriver dans un camping quasi désert où l'on me propose un traitement de faveur : un car-port pour abriter tout mon petit barda pour la nuit. Elle est pas belle, la vie ?


Camping au sec, la vie de château

 Mais je n'en ai pas fini avec les mauvaises surprises. Je découvre avec consternation que ma bouteille de gaz n'est compatible ni avec mon brûleur, ni avec mon adaptateur UNIVERSEL ! Que faire de mon plat de lentilles corail mis amoureusement à tremper pendant la douche et le montage de la tente ? Tout simple : je l'échange contre un reste de pâtes réchauffé auprès d'une gentille mamie résidant sur le camping. Une belle ébauche d'amitié autour d'un plat de lentilles : biblique, non ?


samedi 2 mai 2015

OYEZ, OYEZ, BONNES GENS...

... c'est le feuilleton de l'été 2015 qui commence !

1er mai - Léon-Morcenx

A-ton jamais vu comité de départ plus charmant ?
Toute la rue s'était rassemblée sous la pluie pour m'encourager.

Chantal, Marguerite (baby-sitter du Chat et de mon courrier), Martine (distributrice du journal Sud-Ouest, Michel (mari de Marguerite, bricoleur et jardinier d'exception), et la petite famille de Tristan, fils de mes voisins Daniel et Marie-Claude

Martine, qui se lève tous les jours à 3h du matin et qui n'a qu'un jour de congé par an (UN !), le 1er mai, l'a consacré à ma misérable petite personne. On applaudit !

Martine, tu avais raison, la remorque n'était pas équilibrée, elle a tangué toute la journée, jusqu'à ce que je retrouve mon jeu de clés à 6 pans.

La route monotone et arrosée a été égayée par une rencontre qui vaut bien le Trousse-Chemise d'Aznavour :


J'ai imaginé des scènes égrillardes dans les bois lors de fêtes champêtres (toujours mieux qu'un violeur en fourgon blanc).

Comme je longeais l'autoroute, j'ai été klaxonnée par les poids lourds plus que durant les 40 dernières années. S'ils avaient vu mes rides de près, les innocents ! Enfin, ça fait quand même plaisir...

Morcenx était vraiment ville morte en ce 1er mai. J'ai donc été "enchantée" de découvrir un petit hôtel pour représentants de commerce ouvert. Tristesse d'Olympio : vieillot, mais sans le charme qui va avec, bruyant, petit déjeuner non compris dans un tarif au-delà du raisonnable, ne prenait pas les chèques-vacances, sauf en juillet-août, pas de Wifi, bref, la mauvaise affaire. Mais la patronne s'est rattrapée en m'aidant fort aimablement à rééquilibrer la remorque avant mon départ.

Bon, allez, c'est la mise en route, il faut s'habituer aux vicissitudes du vagabondage !





mercredi 29 avril 2015

La Baie de Somme, par Colette

Pour me reposer de l'ultime vibrionnage d'avant départ, voici une description de la baie de Somme par Colette dans les Vrilles de la Vigne :

"La baie de Somme, humide encore, mire sombrement un ciel égyptien, framboise, turquoise et cendre verte. La mer est partie si loin qu'elle ne reviendra peut-être plus jamais ?... Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, -- jusqu'au moment une langue froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu'on l'ait prévue, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé le jeu de croquet et le tennis. Cinq minutes encore, et la voilà qui bat le mur de la terrasse, d'un flac-flac doux et rapide, d'un mouvement soumis et content de chienne qui remue la queue...
Un oiseau noir jaillit du couchant, flèche lancée par le soleil qui meurt. Il passe au-dessus de ma tête avec un crissement de soie tendue et se change, contre l'est obscur, en goéland de neige..."