mardi 5 mai 2015

Quand on partait sur les chemins, à bicycletteu...

3 mai - Saint-Symphorien - Montségur (33)

Toute la journée, je passe dans des petits chemins creux (goudronnés) qui ne sentent pas la noisette, mais de délicieux parfums d'été. Partout des châteaux, des vignobles, des fermes qui ont des airs de châteaux avec leurs tours carrées. On se sent chez d'Artagnan ou Cyrano. Cela fleure bon l'ancienne richesse, l'ancrage dans la terre. C'est le pays de l'Entre-Deux-Mers. Je cherche encore quelles mers. Le camping, très basique et sous la pluie, ne laisse en rien présager de la beauté de Montségur, que je verrai demain.








Le mur d'enceinte du château


Passage de la Garonne

Le divorce ?

2 mai - Morcenx - Saint-Symphorien (Gironde)

C'est un long ruban de velours qui mène à Sabres, presque sans voitures, une piste cyclable en mieux puisqu'il y a du paysage. Je me restaure en face du petit train d'un énorme plat de pâtes carbonara, bien utile pour la suite de la journée.

Sabres - Petit train du musée de Marquèze
L'église de Sabres

Sabres - "Intéressante" sculpture métallique

Avec le Grand Navigateur de mon smartphone, on s'entendait bien jusque-là, et voilà que cet après-midi, il a décidé coûte que coûte de me faire passer par la D46. Ca, la D46 ? Incrédule, je vérifie auprès d'un autochtone. Oui, il confirme, c'est bien par là, le raccourci pour le prochain village que je vise, sinon, il faut prendre la route de Bordeaux. 4 km de piste d'enduro, sauf qu'avec ma charge, je piétine, je patine, je transpire, je peste contre le Navigateur, le menace de séparation, je souffre mille morts, je m'épuise pendant 2 heures. Seule consolation, de délicates empreintes de sabots - petits, moyens, grands - qui me tiennent compagnie et me font imaginer toute une vie invisible. Braves petites bêtes, va, vous au moins, vous ne souffrez pas dans le sable...



La D 46

 Les perditions et la pluie, c'est beaucoup pour une seule journée. Alors c'est tellement bon d'arriver dans un camping quasi désert où l'on me propose un traitement de faveur : un car-port pour abriter tout mon petit barda pour la nuit. Elle est pas belle, la vie ?


Camping au sec, la vie de château

 Mais je n'en ai pas fini avec les mauvaises surprises. Je découvre avec consternation que ma bouteille de gaz n'est compatible ni avec mon brûleur, ni avec mon adaptateur UNIVERSEL ! Que faire de mon plat de lentilles corail mis amoureusement à tremper pendant la douche et le montage de la tente ? Tout simple : je l'échange contre un reste de pâtes réchauffé auprès d'une gentille mamie résidant sur le camping. Une belle ébauche d'amitié autour d'un plat de lentilles : biblique, non ?


samedi 2 mai 2015

OYEZ, OYEZ, BONNES GENS...

... c'est le feuilleton de l'été 2015 qui commence !

1er mai - Léon-Morcenx

A-ton jamais vu comité de départ plus charmant ?
Toute la rue s'était rassemblée sous la pluie pour m'encourager.

Chantal, Marguerite (baby-sitter du Chat et de mon courrier), Martine (distributrice du journal Sud-Ouest, Michel (mari de Marguerite, bricoleur et jardinier d'exception), et la petite famille de Tristan, fils de mes voisins Daniel et Marie-Claude

Martine, qui se lève tous les jours à 3h du matin et qui n'a qu'un jour de congé par an (UN !), le 1er mai, l'a consacré à ma misérable petite personne. On applaudit !

Martine, tu avais raison, la remorque n'était pas équilibrée, elle a tangué toute la journée, jusqu'à ce que je retrouve mon jeu de clés à 6 pans.

La route monotone et arrosée a été égayée par une rencontre qui vaut bien le Trousse-Chemise d'Aznavour :


J'ai imaginé des scènes égrillardes dans les bois lors de fêtes champêtres (toujours mieux qu'un violeur en fourgon blanc).

Comme je longeais l'autoroute, j'ai été klaxonnée par les poids lourds plus que durant les 40 dernières années. S'ils avaient vu mes rides de près, les innocents ! Enfin, ça fait quand même plaisir...

Morcenx était vraiment ville morte en ce 1er mai. J'ai donc été "enchantée" de découvrir un petit hôtel pour représentants de commerce ouvert. Tristesse d'Olympio : vieillot, mais sans le charme qui va avec, bruyant, petit déjeuner non compris dans un tarif au-delà du raisonnable, ne prenait pas les chèques-vacances, sauf en juillet-août, pas de Wifi, bref, la mauvaise affaire. Mais la patronne s'est rattrapée en m'aidant fort aimablement à rééquilibrer la remorque avant mon départ.

Bon, allez, c'est la mise en route, il faut s'habituer aux vicissitudes du vagabondage !





mercredi 29 avril 2015

La Baie de Somme, par Colette

Pour me reposer de l'ultime vibrionnage d'avant départ, voici une description de la baie de Somme par Colette dans les Vrilles de la Vigne :

"La baie de Somme, humide encore, mire sombrement un ciel égyptien, framboise, turquoise et cendre verte. La mer est partie si loin qu'elle ne reviendra peut-être plus jamais ?... Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, -- jusqu'au moment une langue froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu'on l'ait prévue, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé le jeu de croquet et le tennis. Cinq minutes encore, et la voilà qui bat le mur de la terrasse, d'un flac-flac doux et rapide, d'un mouvement soumis et content de chienne qui remue la queue...
Un oiseau noir jaillit du couchant, flèche lancée par le soleil qui meurt. Il passe au-dessus de ma tête avec un crissement de soie tendue et se change, contre l'est obscur, en goéland de neige..."

samedi 25 avril 2015

Restons connectés

Je vous l'ai dit souvent et je vous le redis : voir vos visages dans la liste des membres du blog est un soutien incomparable les jours de doute ou de désespoir. Or cette option avait été finement reléguée dans une liste secondaire où je viens enfin de la (re)découvrir.

Vous pouvez donc maintenant :

- vous inscrire comme membres du blog en ajoutant votre photo
- vous abonner au blog
- partager un article sur Facebook ou Twitter
- être averti par mail de la publication des articles
- traduire les articles (ça, c'est pour mes amis Coréens, Russes, Allemands, Irlandais, Espagnols, Américains...) Bon, on sait la fantaisie des traducteurs automatiques, mais ça peut donner une idée du contenu.

J'espère que vous aurez ainsi moins de problèmes pour laisser des commentaires, qui viennent à point nommé mettre du baume sur le coeur du voyageur en détresse.

Rien à voir avec ce qui précède, mais j'aime bien ce zèbre qui commence à faire bouger les choses du côté des citoyens. On va finir par se gouverner tout seuls !

http://www.bleublanczebre.fr/

La java du smartphone

Etat d'alerte maximum !

C'est toujours dans les derniers jours de préparation, quand on n'a plus le temps de trouver une solution, que les choses se déglinguent.

D'abord, mon Samsung-à-tout-faire a décidé unilatéralement de cesser ses services sur la fonction "photos". Selon mon dépanneur local, il n'y a rien à faire, tout se bloque dès qu'on tente de le raisonner. Conclusion : je dois emporter mon appareil photo - 300 g en plus.

Ensuite, la fonction GPS simplifiée marche bien, même en pleine forêt au milieu de nulle part, mais j'ai découvert qu'elle vide la batterie en une heure d'utilisation ! Il faut donc que je trouve d'urgence un chargeur de batterie à brancher sur mon moyeu avant, et surtout quelqu'un pour me l'installer. Ca va être très chaud ! Dommage que je n'aie plus le temps d'aller frapper à la porte de mon équipe CYVEA préférée, à Bordeaux !